23.03.2018 – 19.05.2018 | DESSINS DE SCULPTEURS – Galerie Jeanne Bucher Jaeger | Paris

23.03.2018 – 19.05.2018

DESSINS DE SCULPTEURS

Galerie Jeanne Bucher Jaeger | Paris 
Espace St Germain

Jean AMADO, Jean ARP, Jean CHAUVIN, Mark DI SUVERO, Eugène DODEIGNE, Jean DUBUFFET, Alberto GIACOMETTI, Etienne HAJDU, Dani KARAVAN, Henri LAURENS, Jacques LIPCHITZ, Jean-Paul PHILIPPE, Auguste RODIN, Susumu SHINGU, Gérard SINGER, Francois STAHLY, Paul WALLACH, Antonella ZAZZERA

A l’occasion de la semaine du dessin à Paris,
 la galerie a choisi de mettre à l’honneur
 les Dessins de Sculpteurs, de Arp à Shingu, en passant par Giacometti et Rodin, tous liés à l’histoire de la galerie et à son actualité. Interpellés par la ligne et le volume, le contour et la densité, le linéaire et le plastique, tout autant que le plein et le vide, les sculpteurs s’attellent au dessin à la recherche de l’expression des volumes et des idées, couchés sur la feuille par des ombres et des lumières, selon des techniques propres à chacun. Que le dessin soit pour le sculpteur l’esquisse d’une œuvre à venir, ou qu’il soit une entité à part entière, l’âme du créateur y est éminemment incarnée, sans recours à des reliefs ou des moulages. Cette exposition de dessins de sculpteurs tend à signifier l’évidence entre la feuille de papier et l’œuvre aboutie, mettant en avant, dans une épreuve d’une exigence absolue, la tension du volume sur papier ou l’incarnation d’un dispositif sculptural véhiculant une idée unique et précise. La Fortune (circa 1906) de Rodin évoque le lien qu’eut Pierre Bucher, frère de Jeanne, avec l’artiste ; lors de l’exposition française de 1907, il présente, pour la Société des Amis des Arts de Strasbourg, des œuvres de Rodin, Besnard et Cottet. « On observe dans ce dessin, ex-collection du baron Vitta, la ligne de la silhouette marquée d’un seul trait qui contraste avec le modelé de la chair. La figure, presque évanescente, semble surgir d’une matière brute, comme dans les marbres de l’artiste. Cette Fortune aux yeux bandés, comme le veut la tradition antique, est flanquée de l’attribut de la roue, rapidement esquissée en bas à gauche de la feuille » (Christina Buley Uribe). Très proche de Jeanne Bucher, qui lui consacre plusieurs expositions entre 1927 et 1939, le peintre et sculpteur alsacien Jean Arp, cofondateur du mouvement dada à Zurich en 1916, proche du surréalisme, réalise ce dessin en 1920. L’artiste travaille certaines de ses compositions à l’encre de Chine, sur des esquisses au crayon, caractérisées par un mouvement de lignes abstraites laissant transparaître une empreinte figurative. La défense de l’œuvre de Lipchitz est l’une des raisons qui conduit Jeanne Bucher à ouvrir sa galerie en 1925; l’exposition d’inauguration à la Boutique Pierre Chareau présente des sculptures de l’artiste aux côtés d’œuvres de Gromaire, Lurçat, Pascin et Marcoussis. C’est à la galerie, rue du Cherche-Midi, que Giacometti est présenté pour la première fois au public, en 1929, l’année suivant la réalisation de ce Bruno Lisant. « L’exercice du crayon chez Giacometti semblait être un moyen nécessaire, permanent, de « voir », et le blanc de la feuille le lieu le plus immédiat, le plus inquiet aussi, d’une tentative « sans fin » car toujours recommencée pour capter dans l’espace et dans la lumière, la présence vivante, fuyante, de l’être ou de l’objet qui lui fait face » (Schefer, 20011). Dès l’origine de la galerie, Jeanne Bucher a su apprécier dans les dessins de sculpteurs la présence d’une forme encore naissante dans son essence et sa magie. Femme couchée de Laurens, circa 1943, correspond à la période où l’artiste fut montré pendant l’été 1942 boulevard du Montparnasse, pour son unique exposition parisienne sous l’Occupation, présentation de ses sculptures, dessins et pointes sèches (sur le thème des fusillés). L’une d’entre elles composera le frontispice de « La dernière nuit » de Paul Eluard. Le sculpteur hongrois Hajdu est exposé pour la première fois à Paris au printemps 1939 aux côtés de ses proches Vieira da Silva et Árpád Szenes. Ses dessins, souvent de grandes figures féminines noires, à l’image de cette somptueuse Grande demoiselle évoquant les pleureuses croisées en Transylvanie lors de ses jeunes années, sont réalisées à plat, et l’encre de Chine posée par tamponnages. « Il incarne l’archétype esthétique féminin de l’artiste : tête minuscule au profil de hachette, inspiré de l’art cycladique, chignon démesuré couronnant la tête et robe immense aux plis en entonnoir comme dans la peinture du Quattrocento italien» (La collection du Centre Pompidou, Brigitte Leal, 2007) Hajdu était proche de Chauvin, montré par Jeanne Bucher à la même période puis par Jean-François Jaeger lors d’une exposition de dessins en 1951. Chauvin avait pour habitude de travailler ces dessins érotiques, debout, à la tombée de la nuit, à la lumière électrique, sur un papier de boucherie provenant d’Allemagne… Dix ans plus tard, la galerie, dans son nouvel espace de la rue de Seine, consacre une exposition monographique à François Stahly. Après Arp, il est, avec Hajdu, l’un des principaux représentants de l’art biomorphique. Dans la dernière partie de sa vie, autour de la fin des années 1980, « au travers d’un griffonnage de nature quasi-automatique » (Catherine Chevillot), Stahly réalise des dessins au stylo, au feutre fin, à l’encre de Chine, à la mine de plomb ou en reprise de gravure, redessinés après photocopie. « Le dessin, dit Dodeigne, est le fruit de ma sculpture ». Ses sujets ne sont pratiquement que des personnages. Ce n’est pas tant le caractère du modèle qui est cherché, ni sa ressemblance, c’est la présence troublante d’un autrui. Les sujets s’étalent sur le papier, nés de mouvements accusés dont les traits gras et puissants s’amenuisent dans leurs inflexions en déliés gras et chaleureux. Principalement des fusains, et réalisés au début des années 1960, ses personnages se meuvent, saisis dans l’instant. L’expression de leur vie intérieure est d’autant plus intense qu’elle est évoquée laconiquement par quelques traits ou frottis, en noir et blanc, sans fioriture. Le Portrait d’Armand Salacrou de Jean Dubuffet, portrait-sanguine de l’un de ses camarades de lycée qu’il réalise à l’âge de 16 ans en 1917, est la première œuvre connue de l’artiste, auquel la galerie consacrera une vingtaine d’expositions monographiques à partir de 1964. Au sujet de ses dessins, le sculpteur Jean Amado, recommandé à la galerie par Jean Dubuffet à la fin des années 1960 s’exprime ainsi « Je ne dessine pas forcément pour la sculpture mais dans les détails apparaissent toujours des parties qui peuvent entrer dans ma sculpture. Un dessin démarre à partir de presque rien ; d’une façon de gribouiller qui contient déjà tous les moyens de reconstituer la chose. Ce qui est flou dans la tête devient visible sur le papier. Dessiner c’est le point de départ d’une image possible, c’est un entraînement à voir » (Moulin, 19862). Une collaboration très soutenue, forte d’une dizaine d’expositions, avec Gérard Singer débute en 1968. Nourri d’un rapport intime avec la montagne et d’une pratique continue de l’alpinisme, cet « artiste-architecte », novateur hors pair, prend toute sa mesure au début des années 1970. En 1986, la galerie réunit Jean-Pierre Raynaud, Gérard Singer et Dani Karavan autour de l’exposition Questions d’urbanité. L’artiste israélien, dont les œuvres sont exposées aujourd’hui dans le monde entier, y présente maquettes et dessins de son Axe Majeur à Cergy-Pontoise, sculpture de trois kilomètres de long débutée en 1980 et toujours à l’œuvre en 2018. À l’automne 2005, Véronique Jaeger expose les dessins de Dani Karavan, ainsi que les maquettes préparatoires à la réalisation de la sculpture environnementale d’un kilomètre de long de l’artiste, à Murou au Japon. A l’automne 2018, la galerie rendra un nouvel hommage à l’artiste, dans le cadre de l’année France-Israël 2018. En 1997 sont exposées, sur différents sites parisiens, neuf sculptures monumentales de l’américain Mark di Suvero. Après ses premières créations réalisées à partir de débris de bois et des objets de récupération, Di Suvero s’oriente très rapidement vers des structures en acier qui trouvent dans le grand paysage leur véritable échelle et côtoient naturellement l’architecture. Hardies obliques à l’instar de ses sculptures, ses œuvres sur papier enveloppent et dessinent le vide, entrelacent la forme et la figure, “pour faire une autre forme, ni figure, ni fond”. Dessin de Sculpteurs se fait aussi l’écho d’une actualité importante en 2018 pour plusieurs des artistes exposés, comme Dani Karavan, Jean-Paul Philippe, Susumu Shingu, Paul Wallach et Antonella Zazzera. Paul Wallach séjourne en résidence auprès de Mark di Suvero à New York avant de s’installer à Paris dans les années 90 et d’y poursuivre le développement de sa très particulière conception de la sculpture, véritable voyage au cœur de la géométrie. Il fait l’objet de plusieurs présentations rue de Saintonge depuis 2008. Le 19 mai 2018, la sculpture monumentale de Paul Wallach Down to the ground sera inaugurée à Salzbourg. Invité par la Kraüthugel-Salzburg Foundation, l’artiste a imaginé une sculpture de 40 × 45 mètres, pouvant être parcourue au sol mais dont la forme complète est seulement visible depuis la Forteresse Hohensalzburg, le plus grand château fort entièrement conservé au centre de l’Europe. Le 19 mars 2018, sera inaugurée à l’Euroairport de Bâle-Mulhouse l’installation de Jean-Paul Philippe, Les dessous du ciel ou l’attrape-nuages. Son œuvre s’accomplit de l’intimité de l’atelier à l’espace public, de dessins en sculptures, de réalisations tant en milieu urbain qu’en pleine nature. Ses dessins sur marbre évoquent inlassablement les marelles ou les échelles, éléments essentiels et omniprésents dans ses créations. Le MUDAM Luxembourg consacrera, à partir du 17 mai 2018, une exposition personnelle à l’artiste japonais Susumu Shingu, « sculpteur du vent et de l’eau » internationalement reconnu; au même moment, se déroulera à la galerie une nouvelle exposition, Cosmos, dédiée à l’artiste. L’artiste, formé au dessin et à la peinture au Japon et en Italie, quittera peu à peu la figuration pour l’abstraction et s’engagera progressivement dans la troisième dimension: du bas-relief aux pièces autonomes, jusqu’aux œuvres suspendues. L’une des œuvres de l’artiste italienne Antonella Zazzera, tissant inlassablement le cuivre, a été choisie pour l’exposition Tissage Tressage qui ouvrira à la Villa Datris en mai prochain. Ses deux Studi Armonici ont été réalisés en 2009 et coïncident avec l’élaboration de ses nouvelles formes sculpturales. Ce sont des dessins spontanés qui mettent en évidence l’importance des nuances et du rythme dans la notion du Fil/Signe, composants de ses œuvres en trois dimensions.

1 SCHEFER, Jean-Louis et al., Alberto Giacometti : le dessin à l’œuvre, cat. exp., Paris, Centre national d’Art et de Culture Georges Pompidou, du 24 janvier au 9 avril 2001
2 MOULIN Raoul-Jean, «Au pied de la muraille. Rencontre avec le sculpteur Jean Amado», in L’Humanité, 1986

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